Départ sous un ciel gris menaçant en direction des Bois des Caves à l’ouest de la Charente. En forêt à la recherche de terriers de blaireaux (végétariens et omnivores) chers au cœur de Serge.
Promenade forestière avec petite leçon de botanique : l’Alisier aux belles couleurs, l’Erable champêtre à 5 lobes, à ne pas confondre avec celui de Montpellier à 3 lobes, grands chênes épars bien connus de notre animateur.
Petite leçon d’ornithologie, au détour d’un chemin : une prairie garnie de bœufs et de "gardes-bœufs", ces ardéidés arrivés en Charente Maritime depuis les années 80, suivie d’explications sur les ardéidés déjà présents dans le département : hérons cendrés, aigrettes, blongios, butors et leurs cousines les cigognes, pour certaines sédentaires depuis quelques hivers. Suite à l’observation d’un nid au sommet d’un splendide chêne vert (yeuse), nous avons tout appris ou presque sur l’épervier, sa vie, sa chasse, sa reproduction et ses états d’âme quand il est dérangé.
Ensuite découverte (pour nous, car Serge savait où il allait) des gîtes à lièvres, lapins, chevreuils... Et tout cela dans ce bois des caves qui porte bien son nom avec les abris sous roche et un très vieux puit, que Serge a camouflé et mis hors d’état de nuire, comme en témoignent de vieilles mâchoires de chiens sorties du puits.
Dans une clairière, leçon de reconnaissance de crottes. M. X, chasseur écologiquement responsable aux connaissances extraordinaires et quasi encyclopédiques sur la chasse et le gibier, nous a fait découvrir des crottes de lièvre fraîches. Elles sont un peu ovales, avec un côté un peu pointu, identifiées comme étant celles d’une hase (femelle du lièvre) ; nous avons même pu voir son lieu de repos au soleil. Serge nous présenté les derniers lichens des rennes, l’hellébore fétide, la viorne, la pulmonaire, le troène et le fusain ainsi que des crottes de marcassin, en accord avec M. X. Au passage au Bois des Murets, murets de part et d’autre du chemin, emprunté allègrement par des vététistes, nous avons découvert une "bouillée" (charmille) de charmes. Le sol étant constitué de sables argileux, il est donc favorable aux châtaigniers, cormiers, charmes mais aussi pieds de moutons et trompettes de la mort pour les amateurs.
Un nid arrondi de Geais, une plume de buse, une plume de hibou moyen-duc, ainsi qu’un passage de mésanges à longue queue nous font revenir à l’ornithologie. Dans une "cabourne" (vieux gros tronc coupé) on découvre un trou de genette et un superbe nid de rouge-gorge.
Pique-nique dans un chablis de chênes et de châtaigniers, c’est là que le soleil nous trouve peu après 13h.
L’après-midi est physique : après la recherche fructueuse d’un chêne remarquable dans un bois à pieds de moutons, observation des papillons vulcains voletant autour du chêne et dégustation de nèfles sauvages délicieuses et blettes à point.
Le long d’un chemin gazonné nous pouvons admirer un vieux puit maçonné et deux châtaigniers "parasols" au milieu des prés, ainsi qu’une buse sur un piquet. Nous descendons vers la vallée d’origine glaciaire, remplie de robiniers faux-acacias ; sur les pentes nous enjambons troncs et rochers pour trouver des terriers "bien tapés" de blaireaux et des "couches" à blaireaux, ainsi que des crottes fraîches de genettes.
Puis, vu l’heure et le beau temps, promenade vers une fontaine le long d’une vallée heureuse garnie de noyers ; la fontaine s’avère à sec mais nous pouvons voir un ancien bassin en pierre de taille qui servait de lavoir, affreusement retapé avec des plaques de béton !
Retour par un chemin semi-sylvestre, vers les terriers de blaireau où nous sentons la présence d’un renard, installé dans d’anciens terriers. Sur le chemin du retour Serge nous montre des géodes cristallines et un outil préhistorique, trouvés dans un champ de blé en herbe. Nous remarquons aussi une mare à salamandres quasiment à sec, où survivent malgré tout des larves.
Ce fut une superbe fin d’après-midi, après une randonnée forestière fort agréable et instructive. Merci à Serge Seguin et à M. X de nous avoir fait partager leur amour de la biodiversité dans ce milieu si particulier.