T Bourret 15 10 2012

Communiqué de presse suite au Comité Quantitatif de l’eau du 12 février 2016

Vendredi 12 février le premier comité quantitatif de l’eau de 2016 s’est tenu en présence de M. le Préfet.

Parmi les sujets présentés, le bilan de l’étiage 2015 nous a permis de constater encore une fois, des rivières asséchées surtout en juillet. Cette simple constatation montre que les volumes prélevés dans les eaux de surfaces et les eaux souterraines sont encore trop importants et ne permettent pas un bon état biologique des milieux naturels. Nous craignons de voir une situation identique en 2016 puisque les règlements prévus sont bien en deçà que ce qu’il faudrait mettre en place pour préserver les nappes, les rivières et les écosystèmes qui y sont liés. Certains seuils de gestion sont encore trop permissifs et d’autres ne sont pas respectés.

Comment en est-on arrivé là ?

Il est important de rappeler que les prélèvements agricoles se sont mis en place dans les années 1970 en dehors de tout contrôle, aboutissant ainsi à une situation de fait devenue intenable 15 ans plus tard et présente encore aujourd’hui. Ces « droits acquis  » sont aujourd’hui revendiqués et malgré une diminution sensible des prélèvements dans les années 2000 ils sont bien supérieurs à ce que la ressource est en capacité de fournir.

La solution miracle, la seule envisagée depuis maintenant presque quinze ans, plutôt que les modifications des pratiques, est le stockage de l’eau. Nature Environnement 17 dénonce depuis le début, cette fuite en avant, plus d’engrais, plus de pesticides et plus d’eau, pour plus de production, encouragé pour cela par les coopératives, le syndicat majoritaire et les firmes mondiales qui produisent les semences et les produits chimiques qui vont avec.

Soumis aux cours mondiaux, subissant de plein fouet la concurrence des autres pays et les spéculateurs, les prix de vente risquent de ne plus couvrir les charges d’exploitations. Les conséquences sont lourdes pour ceux qui ne peuvent pas faire face à ces situations de crise. Combien d’exploitations vont disparaître avant qu’un virage salutaire ne soit pris. On est encore loin de l’agro-écologie prônée par notre ministre de l’agriculture. Seule en mesure d’apporter une réponse, l’agriculture biologique est marginale et marginalisée.

La construction des ouvrages de stockage de l’eau agricole qui sont remplis en puisant dans les nappes phréatiques est soumise à des contraintes réglementaires et les dossiers de demandes de financement doivent maintenant prouver que ces aménagements s’intègrent dans un projet de territoire, ce qui est loin d’être le cas. Des dizaines de millions d’euros d’argent public vont donc être dépensés sans contrepartie et sans retour pour la société alors que les budgets alloués à l’environnement sont en chute libre. Seul avantage visible dans ces projets de stockage pour maintenir une agriculture industrielle chimique, moins de prélèvements l’été, mais à quels coûts, sociaux, environnementaux, perte de biodiversité, destruction des zones humides, danger pour la santé humaine, dégradation de la qualité de l’eau…

La protection des nappes captives, maintes fois abordée, a refait surface lors des questions diverses. Nature Environnement 17 a très souvent demandé la mise en place d’un observatoire de la qualité au même titre que celui qui se réuni sur les aspects quantitatifs.

La protection de ces nappes destinées à la production de l’eau pour l’alimentation de la population doit être une réalité, or, des textes réglementaires de 2003 sont encore inappliqués. Sur un total estimé de 3 500 forages en Charente-Maritime 60 % sont en nappes captives et 40 % en libres ou semi-captives. Utiliser ces eaux d’excellente qualité pour l’irrigation est un non sens. Sur ces 3 500 forages pour l’irrigation des priorités ont été établies sur 120 d’entre eux mais les décisions des pouvoirs publics se font attendre. Les polluants, pesticides et nitrates qui sont dans les nappes superficielles migrent vers les nappes profondes dans les forages agricoles mal réalisés. Les travaux de réhabilitation vont nécessiter plusieurs millions d’euros d’argent public pour des travaux qui concernent des ouvrages agricoles privés.

Lors de cette réunion la qualité des eaux littorales et les problèmes des conchyliculteurs n’ont pas été abordés, seraient-ils réglés ?