Jeudi 28 juillet 2011, Patrick PICAUD, Coordonnateur de Nature Environnement 17, accompagné d’un adhérent, a fait une découverte consternante en lisière de la forêt de Benon.

Un chevreuil mort "pendait", accroché aux mailles d’un grillage trop petites pour qu’il puisse passer au travers mais suffisamment grandes pour laisser passer une partie du corps de l’animal. L’effet "collet" est redoutable et la pauvre bête a agonisé certainement durant de longues heures dans cette position.

- Chevreuil piégé dans la clôture de la chasse privée de M. LEONARD
Comment en est-on arrivé là ? Combien d’animaux se sont gravement blessés en voulant franchir ce grillage surmonté d’une rangée de fil barbelé ? Un animal piégé dans ce grillage et poursuivi par des chiens ne risque t-il pas d’être dévoré vivant ?
Cela n’arrivait pas avant que notre député Jean-Louis Léonard ne pose une clôture sur plus de 5 km autour de ses terrains de chasse de la forêt de Benon. Une partie de la forêt est donc entourée de ces clôtures qui mutilent et qui tuent.
La forêt de Benon de 3 300 hectares est divisée en de nombreuses parcelles mais 3 grandes parties la composent. La partie située au Nord de la 2x2 voies, privée et bien sûr fermée du coté de cette route et la partie située au Sud grillagée aussi du coté de la voie. Le Conseil Général de la Charente-Maritime possède 600 hectares longeant la voie, classés en Espaces Naturels Sensibles et protégés en tant que milieu rare, riche et fragile, ouvert au public et non clos. Des passages sous la voie permettent aux grands gibiers mais aussi aux autres animaux de franchir la route et ainsi de conserver leurs habitudes dans ce grand massif forestier vestige de l’immense forêt d’Argenson.
Monsieur Léonard a lui décidé que plus personne ne devait entrer dans sa forêt, ce qui est son droit, mais la protection de la nature comme le fait le Conseil Général dans sa partie n’est pas sa préoccupation majeure, sa chasse privée passant avant tout.
Les clôtures en bordure de voie sont utiles pour éviter au gibier de provoquer des accidents mais vouloir empêcher ce gibier de passer d’un massif à l’autre en sortant de la forêt en dehors des routes principales est un non sens écologique. La généralisation de type de clôture sur les chasses privées dans le département nous inquiète beaucoup.
Le Grenelle de l’Environnement mis en place par un exécutif proche de M. Léonard prévoit une trame verte et bleue et des corridors écologiques sur le territoire français. Les clôtures et les barbelés ne sont pas ce qu’il y a de plus adapté pour atteindre ces objectifs. De plus, cette clôture est entretenue à grand renfort de désherbant dans ce milieu riche et fragile.
Pour Nature Environnement 17 et son Comité Directeur,
Patrick PICAUD
