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Argent public & Maïsiculture... le grand gaspillage !!!

mercredi 2 décembre 2009, par Nicolas GENDRE

  Argent public & Maïsiculture

 Le Grand Gaspillage

L’eau est rare en période estivale et le maïs pousse l’été ! Poitou-Charentes et Vendée ne sont pas en zone tropicale, ça tombe mal ! Mais, il n’y a pas là de fatalité que l’on devrait retrouver chaque été avec les bras ballants et des discours ridicules.

Chaque nouveau Préfet semble découvrir le problème, abreuvé qu’il est de belles paroles, promesses et démonstrations fallacieuses des notables agricoles en place. Le sujet génère des flots de discours ; les préfets passent et les cours d’eau trépassent, le problème s’aggrave.

Plus on tergiverse, plus les solutions seront douloureuses à mettre en œuvre. L’irrigation est utile à quelques productions, si nous n’arrosions que ces cultures-là, nous n’aurions pas de problème de ressources. En Poitou-Charentes, l’eau utilisée vient surtout des nappes contrairement à des allusions qui laissent croire que c’est de l’eau qui va à la mer et qui de ce fait serait "perdue", ce qui constitue une double erreur d’appréciation : l’équilibre des écosystèmes et la gestion de la ressource ne sont pas pris en compte.

La Directive Cadre Européenne sur l’eau du 23/10/2000 oblige les États à "la reconquête du bon état écologique de l’ensemble des masses d’eau", nappes et rivières, d’ici 2015 ; nous sommes en 2009 et rien n’a été fait dans la bonne direction. D’autre part, en 2008, l’Europe a condamné la France pour "violation répétée de la réglementation sur la qualité des eaux potables" dans plusieurs départements dont les Deux-Sèvres, la Charente-Maritime et la Vendée.

Non, les responsables ne sont pas des "paysans", ce sont une minorité d’agri-managers grassement subventionnés qui se moquent totalement du "pays", des rivières et de la campagne.

Tout ceci est encadré par les Chambres d’agriculture, gouvernées en Poitou-Charentes par des maïsiculteurs intensifs, alors qu’à peine 10% des terres agricoles sont irriguées, avec la complicité d’élus politiques ayant voté une loi sur l’eau en 2006 qui préserve les privilèges de la monoculture du maïs. Économiquement ces producteurs sont incapables de créer de la valeur ajoutée, il leur faut l’argent des contribuables et celui des consommateurs d’eau potable qui payent les redevances des agences de l’eau, quand les associations d’irrigants les empochent.

Les Agences de l’eau et le Conseil Général financent les maïsiculteurs pour leur permettre de communiquer sur leurs pratiques ; communiquer plutôt que préserver, tromper juste pour conserver encore leurs privilèges !

L’irrigation reçoit des subventions depuis 35 ans, des aides spécifiques (+120 euros/ha/an par rapport aux cultures sèches) depuis 1992 pour chaque hectare de maïs irrigué, et des financements (env. 50 millions d’€ en 17, d’argent public) pour des réserves d’eau (bassines) qui ne règlent en rien les problèmes de déficit car les préalables de réduction des prélèvements ne sont pas acquis, alors que la collectivité paye très cher.

Les responsables sont connus, mais la plupart des paysans subissent l’effet désastreux de ces pratiques venant d’individus qui pour des intérêts économiques n’hésitent pas à détruire la biodiversité, les ressources et les équilibres. L’irrigation du maïs n’est-elle pas discutable ? Certains, loin des OGM, font le choix de variétés population, véritables écotypes sélectionnés sur leur capacité à s’accommoder des sécheresses. D’autres font le choix d’alternatives au maïs, comme le sorgho, dont la sobriété avérée aurait du interpeller les usagers de l’eau en agriculture. Le problème vient de la monoculture de maïs sur des terres où cette plante n’est pas naturellement adaptée. De plus, la présence de nitrates et de certaines molécules chimiques dans l’eau en Poitou-Charentes, à l’origine de la fermeture de 150 captages d’eau potable (sur le seul département de la Charente-Maritime) ces dernières années, est essentiellement due à l’irrigation de cette même monoculture.

Défendons l’agriculture, la vraie. Retirons les subventions aux irrigants et à leurs associations. La majorité des paysans, elle, vit de son travail sans s’accaparer massivement ce bien commun qu’est l’eau des milieux naturels. Réservons l’irrigation aux productions qui créent de la richesse réelle : multiplication de semences, maraîchage, horticulture, fourrages. Cessons d’encourager une production trop gourmande en eau et qui est par ailleurs l’un des maillons d’une alimentation de médiocre qualité ne répondant pas aux attentes citoyennes. Le désert des partages n’est pas inéluctable. Exigeons d’une activité largement soutenue par les enveloppes publiques, qu’elle renoue avec sa plus noble vertu : le bon sens paysan. Le collectif de Poitou-Charentes/Vendée, signataire de ce communiqué dénonce donc la voracité de quelques-uns, et défend plutôt l’image de toute une profession dont la vocation est de nourrir la population tout en entretenant le territoire. Préservons aujourd’hui, pour les générations futures, notre unique lieu de vie : la Terre, pour produire maintenant et dans l’avenir !

Pour plus d’informations : cliquez !

Amis de la Conf’, Antenne Nature, loisir et patrimoine, APAPA, ATTAC, Nature Environnement 17, la Confédération Paysanne Poitou-Charentes/Vendée, Courts-circuits, Europe Ecologie, SOS Rivières, UFC que choisir…

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