T Bourret 15 10 2012

Retenues de substitution de Benon et Ferrières – Les irrigants ne pourront plus tricher …

Communiqué de presse

Le Tribunal administratif de POITIERS vient d’annuler pour la 3ème fois le projet de retenues de substitution de l’ASAI de Benon-Ferrières.

Le projet contesté consistait en la construction, et le remplissage de deux grands réservoirs d’eau, permettant le stockage d’un volume de 285.100 m3 d’eau par an

  • au seul bénéfice de trois exploitants agricoles, dont le président des chambres (départementale et régionale) d’agriculture ;

  • stockage destiné essentiellement à l’irrigation de 188 hectares de grandes cultures (surtout du maïs, plante très exigeante en eau pendant l’été) :

  • pour un coût de 1.400.000 € (évaluation 2009), payé en grande partie par de l’argent public (environ 1 million d’euros de subventions ! ).

L’arrêté d’autorisation du 6 août 2012 a fait l’objet de deux recours auprès du Tribunal administratif, l’un de Nature Environnement 17, l’autre déposé par un particulier (Claude MATARD, en qualité de citoyen et contribuable).

« Le respect des masses d’eau, c’est ce qu’on demande depuis 15 ans ; L’eau est un bien public, il est anormal que des prélèvements aussi importants soient affectés à des intérêts exclusivement privés  » Patrick PICAUD, coordonnateur de l’association Nature environnement 17

Un modèle dépensier…

Alors que les économies d’eau sont plus que jamais nécessaires, les pétitionnaires voulaient stocker plus d’eau que ce qu’ils n’en avaient consommé ces dernières années, et sans proposer aucune solution alternative (modification des cultures, désirrigation,…)

Pollueur…

Contrairement à ce qui est affirmé par ses bénéficiaires ce projet sera nuisible à la santé des consommateurs et à l’environnement :

– nuisible à la ressource en eau : remplissage à partir d’un tout petit cours d’eau et par pompage dans une nappe déjà intensément exploitée (Marais Poitevin);

– nuisible à la biodiversité car l’agriculture intensive (dont l’irrigation est l’outil principal) contribue à la disparition des espèces ;

– nuisible à la santé en raison des pollutions engendrées  ;

et inéquitable…

Enfin il est scandaleux que d’énormes subventions publiques (un million d’euros, dont une bonne partie vient du Conseil général), soient attribuées à trois exploitants céréaliers, tandis que de nombreux autres agriculteurs mériteraient davantage d’être aidés financièrement.

Et pourtant le conseil départemental vient de créer un syndicat mixte : le SYRES pour construire et gérer d’autres projets, près de trente fois plus importants : environ 8 millions de m3 pour une cinquantaine de millions d’euros avec les mêmes excès et les mêmes incohérences qui ne feront que nuire à l’environnement.

… a nouveau sanctionné

Par décision du 22 octobre 2015, le tribunal a annulé l’arrêté préfectoral d’autorisation, en considérant que le volume des réserves (déjà construites) était largement surdimensionné, et de ce fait ne respectait pas les prescriptions du SDAGE Loire-Bretagne. La Préfète a donc commis une erreur manifeste d’appréciation en accordant l’autorisation querellée.

A l’avenir, les irrigants ne pourront plus tricher, au moins sur les volumes stockés !

Pour les requérants, c’est un beau succès. Depuis longtemps, ils contestent ces autorisations de prélèvements excessifs et de stockage d’eau destinés à l’agriculture intensive, type de pratique agricole dont on connaît les méfaits sur l’environnement et sur la santé (pesticides et nitrates). Consommateurs et contribuables en ont assez de payer pour la dépollution de l’eau et de voir les cours d’eau asséchés parfois dès le printemps.

Dans tous les projets actuels de retenues de substitution, il n’y a aucun retour, aucune contrepartie, pour la société, bien au contraire.

Le Conseil départemental n’a t-il pas mieux à faire que d’encourager et de soutenir financièrement ce type d’agriculture ?


Contacts : Nature Environnement 17 (tél. 05 46 41 39 04) et Claude MATARD (tél. 05 46 87 13 03)

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